Tendinite d'épaule : Quel est le traitement recommandé ?
Recommandation du JOSPT (2025) sur la prise en charge des tendinopathies d'épaule


Les douleurs d’origines sous-acromiales ou tendinite (tendinopathie) de la coiffe, est l’un des diagnostics les plus fréquents en consultation d’épaule. Les recommandations du JOSPT datant de 2025 nous fournissent un cadre opérationnel: elles hiérarchisent les options, justifient les choix et remettent en questions certaines habitudes.
L’objectif de ces recommandations est de guider l’évaluation, la prise en charge non chirurgicale (médicale et rééducative) et le retour à l’activité/sport chez l’adulte avec suspicion de douleurs d’origine sous-acromiales (avec ou sans calcifications et ruptures partielles).
Ce que cela implique : on s’appuie d’abord sur un examen clinique sérieux, on dose intelligemment les soins et on réserve l’imagerie et les options “invasives” à des contextes précis.
Le diagnostic : La clinique prime, l’imagerie si nécessaire :
Les recommandations insistent sur une démarche et un raisonnement clinique pertinent : entretient détaillé (activité, travail, symptômes neuropathiques, comorbidités, facteurs psycho-sociaux, mécanisme, traitements antérieurs) suivi d’un examen physique avec observation des amplitudes articulaires actives/passives et mesure de force.
L’Imagerie : pas en première intention :
Message clair : ne pas prescrire d’imagerie pour “confirmer” une tendinite de coiffe au début de la prise en charge. Y penser si les symptômes ne s’améliorent pas après un maximum de 12 semaines de prise en charge non chirurgicale appropriée ou si contexte particulier (trauma, suspicion de lésion structurelle significative, etc.).
L’échographie est priorisée (coût, accessibilité, propriétés diagnostiques proches de l’IRM dans ce cadre).Des questionnaires pour objectiver la douleur et la fonction peuvent être utilisé :
DASH, Quick DASH, OSS, SST, Constant-Murley, WORC, etc. Cela permet de justifier une progression de charge, une adaptation de traitement ou une orientation si on se retrouve sur une phase de plateau.
La rééducation : éducation + exercice = le socle :
Éducation : Indispensable et personnalisée.Les recommandations poussent une éducation centrée sur le patient : compréhension de la pathologie, options de gestion de la douleur, adaptation d’activité, auto-efficacité, avec prise en compte de la littératie en santé, des croyances, des objectifs et des facteurs psycho-sociaux.
Exercice : Pilier de la prise en charge.
L’exercice est décrit comme le pivot central, avec une grande variété possible : contrôle moteur, renforcement concentrique/excentrique, intensités variables, travail scapulo-thoracique, rachis cervical/thoracique, conditionnement global.
Objectifs : diminuer la douleur, retrouver la fonction, augmenter force/endurance, améliorer le contrôle neuromusculaire et la tolérance des tissus à la charge.
Le niveau de preuve synthétisé est globalement modéré à élevé en faveur de l’exercice pour réduire les symptômes et améliorer la fonction à court et long terme.Thérapie manuelle : oui, mais comme adjuvant (et pas comme religion) :
Les recommandations incluent la thérapie manuelle dans les options de rééducation mais en complément, dans une logique de modulation des symptômes et facilitation de l’exercice.Traitement médical non chirurgical :
AINS, cortico, PRP… Ils peuvent être recommandés pour réduire la douleur à court terme.
Concernant les nfiltrations de corticoïde subacromiale, les données synthétisées montrent un effet antalgique plutôt à court terme, avec une comparaison où l’exercice fait mieux que le corticoïde à moyen terme sur la douleur (effet faible mais présent).Les recommandations ouvrent la porte au PRP dans certains cas, mais insiste : ne pas l’utiliser en première intention.
Retour au sport :
Les recommandations rappellent que le retour au sport doit s’appuyer sur la capacité, la préparation spécifique et aussi la dimension psychologique.Plan d’action simple ( à recontextualiser) :
Étape 1 : Bilan clinique complet (incluant facteurs psycho-sociaux et neurologiques si besoin)
Étape 2 : Education personnalisée + plan d’auto-rééducation
Étape 3 : Programme d’exercice progressif (force, contrôle moteur, tolérance à la charge, plus global si pertinent…)
Étape 4 : Adjuvants si besoin (thérapie manuelle pour moduler et faciliter)
Étape 5 : Si douleur élevée/plateau → discuter des options médicales (AINS à court terme, corticoïde selon profil), sans court-circuiter la rééducation
Étape 6 : Si pas d’amélioration à 12 semaines → envisager une imagerie (plutôt échographie) et/ou avis spécialisé selon tableau
Étape 7 : Retour activité/sport guidé par critères (fonction + confiance + charge spécifique).
Conclusion :
Les recommandations de 2025 donne direction très nette : la première ligne est une prise en charge active, structurée, progressive, centrée sur le patient avec l’exercice comme moteur et l’éducation comme fil rouge. L’imagerie n’est pas interdite, elle est juste remise à sa place. Et les injections ne sont pas des “raccourcis” mais plutôt des options de contexte.
Source : "Rotator cuff tendinopathy diagnosis, nonsurgical medical care, and rehabilitation: A clinical practice guideline", Desmeules et al. (2025)


